As an added component of the road less travelled, the {warehouse} magazine is pleased to bring you "La fin des Mursi" by Marcel Mueller. This great blend of photo journalism is unique in so many ways and we invite you to not only enjoy the reading experience, but suggest you take a look at the gallery of photos - click on the image to view gallery.
Enjoy
Elle me fixe avec un regard qui ne saurait évoquer plus de douleur et de tristesse. L’enfant accroché à son dos est retenu par une étoffe poussiéreuse de coton troué. Elle se déhanche et bascule habilement le corps vers l’arrière pour que les yeux à moitié ouverts du petit me transpercent. Je ne réagis pas. Elle me tend la main. Son avant-bras cicatrisé et sa main asséchée par le temps et la vie me ramènent immédiatement à cette réalité africaine, à ce continent qui m'échappent à chaque retour. Je la regarde intensément sans bouger. Je souris. Elle s’avance vers moi, d’une main brusque elle me frappe le ventre à plusieurs reprises, tout en crachant des paroles exprimant un réel désir que je la prenne en photo.
Elle répète les paroles: « Birr, birr! », la monnaie locale éthiopienne. Je recule. Coincé entre son agression et l'horizon, je sens une présence humaine derrière moi. Le ton monte, sa voix devient stridente et enragée. Je me retourne et d’un coup d’œil, remarque la présence des trois autres femmes mursi qui m’encerclent. Le visage froid, féroce, elles insistent elles aussi pour que je tire leur portrait. Toujours souriant, j'essaie délicatement et diplomatiquement de me faufiler entre la dernière femme et un acacia qui nous ombrage du soleil de midi et de sa chaleur suffocante. Fausse manœuvre, je me retrouve face à face avec une autre Mursi qui me pousse en criant et me retient en me serrant le bras. Elle agrippe la main avec laquelle je tiens mon appareil photo et la pointe vers son visage. J'éclate de rire et je cède. Je recule en repoussant les autres pour cadrer mon image et appuyer sur le déclencheur avec précision. Les clichés sont du passé et, malgré la technologie numérique, elle sait bien qu'elle a posé pour plus d’une photo. Voilà que la négociation se réchauffe, son prix augmente exponentiellement. Délicatement je lui remets d'une main quelques birrs, réussissant de l'autre à balayer les autres filles qui me submergent de cris et de tiraillements. Je m'isole derrière l'arbre et reprend mon souffle...
Bienvenue chez les Mursi... Ethnie de langue omotique nomade à la frontière du Soudan, à quelques kilomètres au nord de celle du Kenya. Jinka, jeune ville abyssinienne, nous a servi de porte d'entrée au parc national de Mago où nous avons passé une nuit longue, chaude, humide et infestée de moustiques, avant de finalement nous rendre dans le pays mursi.
Fiasco touristique
Il y a quelques années seulement, les Mursi rôdaient, kalachnikov en bandoulière, sur les terres de la vallée de l'Omo, à la recherche de marchés pour échanger leurs denrées (armes, coquillages, miel, peaux et bétails) contre de la nourriture. Ils étaient alors inconscients des effets de la modernisation, n’ayant eu que très peu de contacts avec les étrangers. À mon retour, sept ans plus tard, je suis frappé par une situation qui s’est complètement inversée… Les Mursi sont devenus l’une des dernières tribus africaines à subir le sort malheureux du tourisme occidental. Quelle catastrophe que de voir la décimation d'une tribu, soumise aux intérêts des opérateurs touristiques locaux et des voyageurs internationaux. Je suis très conscient de ma propre culpabilité dans cette situation et de l'impact que j'exerce en venant visiter cette région du pays. Une partie du problème réside dans les montants ridicules de devises locales amassées par les Mursi pour laisser les touristes stationner leurs véhicules sur les terres indigènes et les photographier. L’argent récolté est ensuite utilisé par les hommes pour acheter de l'alcool. Les Mursi se rendent aux stations urbaines, situées à quelques jours de marche, pour se procurer à boire, principalement du tej, une boisson locale.
Autrefois, les Mursi habitaient les terres qu'ils traversaient et y passaient la nuit étendus sur les peaux qu'ils chassaient. Aujourd'hui, la sédentarisation et la construction de villages permettant aux touristes de les visiter ont remplacé cet ancien mode de vie. Malheureusement, l'inconscience de certains et l'exploitation des autres sont sur le point d’éradiquer l’une des ethnies les plus intrigantes au monde.
La chaleur et la sécheresse de l'escarpement mursi où est construit le nouveau village me minent. Deux guerriers mursi armés m'interceptent et m'obligent à les photographier. Je les évite, repoussant le premier tout en me dirigeant vers ma jeep. Je quitte les lieux avec un sentiment de tristesse et d’inévitabilité devant cette réalité. Je me retourne pour ne voir que la poussière qui embrouille leurs silhouettes, loin derrière...
FOTO TECHUne lentille macro (60 mm ou 105 mm) est grandement utile pour photographier explicitement les détails du visage, de la peau ou du costume de ces ethnies lointaines et particulières. Si vous avez à débourser pour une image - ce qui est souvent le cas aujourd'hui dans beaucoup de régions d'Afrique - prenez le temps, dans les limites du respect, de bien capturer les détails qui vous intéressent. N’oubliez pas que les photos que vous prendrez seront plus intéressantes et senties lorsque vous aurez pris la peine d’établir une relation honnête et profonde avec votre sujet. {w}
the {great} leap forward: volume i, issue ii
/// {voice} of the urban community ///
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About 10.000 protesters took on the street of Toronto on the opening day of G20. After 2 hours of peaceful march, about 100 violent black-blocs anarchists left the march and started smashing windows and police cars. After about a hour and a half, police began trapping protesters in Queen's Park, as the anarchists changed clothes and vanished, leaving peaceful protesters against police charge and pepper sprays bullets.
Sous une pluie battante, arivée de Ban Ki-moon a l'aeroport Pearson de Toronto pour le G20 qui commence cet après-midi - June 26, 2010
Jeudi 24 juin, Toronto, plus de policiers que d'activistes dans les rues de Toronto à la veille du G8. Ici, un officier de la police de Toronto longe la clôture de sécurité de plus de 3km de long qui entoure le Toronto Convention Centre qui accueillera le G20 à partir de samedi.
Alors que la Police de Toronto vient d'arrêter un homme atteint de surdité durant la manifestation "Global day of action", une femme supplie la police de relâcher son ami

By Florence Vdv - C'est effectivement une description bien réelle de ce qui se passe chez les Mursi, je reviens de la vallée de l'Omo et j'ai ressenti cette même gêne et culpabilité...
Je ne comprends pas pourquoi la majorité des touristes payent pour prendre des photos ce qui est un cercle vicieux dramatique, et ce qui ne se fait pas dans la majorité des autres pays... Je n'ai pas pris de photo de visages dans cette vallée malgré mon désir de photographe, et j'espère qu'une réflexion et éventuellement une réglementation vont être mis en place.
Florence Vdv